Si je meurs…

celine

« si je meurs de ma mort à moi, plus tard, je ne veux surtout pas qu’on me brûle ! Je voudrais qu’on me laisse en terre, pourrir au cimetière, tranquillement, là, prêt à revivre peut être…Sait-on jamais. Tandis que si on me brûlait en cendres, Lola, comprenez-vous, ça serait fini, bien fini… Un squelette, malgré tout, ça ressemble encore un peu à un homme… C’est toujours plus prêt à revivre que des cendres… Des cendres c’est fini !… »

Céline – Voyage au bout de la nuit – Folio – p65

Céline a beau porter un regard sans concession sur la tragédie du monde, la peur de mourir le ramène vers ses racines chrétiennes. Petite lâcheté ou espérance folle ?

Premier jour

Depuis le temps que ça me chatouillait, il fallait bien qu’un jour je passe à l’acte. J’ai toujours écrit des petites choses, des fragments, des maximes, autant de phrases définitives inscrites à la hâte sur des bouts de papiers et qui finissaient à la poubelle.

La lecture des textes de Charles Juliet  (L’année de l’éveil Lambeaux) et surtout celle du dernier tome de son journal (Apaisement – journal VII) m’a fait franchir le pas. Il y décrit ses rencontres avec des artistes ou des gens de passages. Son écriture est intime, précise,  gracieuse, exigeante. Rien n’y est superflu.

Il y a toujours quelque chose à apprendre des autres quand on ne les juge pas.